|
rosalie
Site Admin
| Joined: 24 May 2005 |
| Posts: 3114 |
| Location: Québec, Canada |
|
 |
Posted: Mon Feb 20, 2006 1:53 am |
|
 |
 |
 |
 |
MADAGASCAR - Esclavage moderne : Madagascar pratique toujours la traite de personnes
Les enfants, notamment des jeunes filles de 12 à 14 ans, sont recrutés sous de faux prétextes d'emploi légitimes comme serveuses ou ménagères.
Esclavage moderne ou traite de personnes, la situation est encore alarmante dans le pays. En effet, « Madagascar est un pays source pour les enfants victimes de traite interne à des fins d'exploitation sexuelle et éventuellement de travail forcé », indique le rapport sur la traite de personnes, année 2005, établi par le Département d'Etat américain.
Ainsi, le pays reste toujours au niveau 2 dans la classification de ce rapport. Toutefois, «une certaine évolution a été constatée puisque la position du pays est passée du niveau 2 sous surveillance à un niveau 2 sans surveillance », s'est réjouit l'ambassadeur américain, SEM. James Mc Gee, au cours de l'ouverture de l'atelier sur la traite de personnes, hier, au CCA à Antanimena.
Villages touristiques
En marge de cette légère avancée, «le gouvernement de Madagascar ne remplit pas entièrement les normes pour l'élimination de la traite de personnes », lit-on dans ce rapport. Cette faille se rencontre notamment dans le domaine judiciaire. «Madagascar ne possède aucune loi qui interdise la traite de personnes. En outre, les actuels statuts pénaux restent inconsistants. Et ce, même s'ils déclarent l'esclavage et le travail forcé comme illégaux et interdisent le proxénétisme et l'accès aux boîtes de nuit et discothèques aux moins de 18 ans », déplore toujours ce document américain.
Ainsi, l'exploitation sexuelle des enfants demeure inquiétante. Et ce, surtout dans les villages touristiques, notamment Nosy-Be, Toamasina, Ifaty (Toliara) et Sainte-Marie. Pour l'année 2004, par exemple, quelque 5000 mineurs, - enfants sont issus des quartiers pauvres et des régions rurales aux alentours-, ont été engagés dans la prostitution à Toamasina et à Nosy-Be, selon l'estimation incluse dans ce même document.
Annulation
Dans certains cas, ces enfants sont encouragés ou assistés par des membres de leur famille. Mais il y aurait des réseaux de trafiquants : « Les enfants, notamment des jeunes filles de 12 à 14 ans, dans la capitale, sont recrutés sous de faux prétextes d'emploi légitimes dans les villes côtières comme serveuses ou ménagères. A leur arrivée, ils sont placés dans des situations d'exploitation sexuelle commerciale. A l'inverse, des enfants dans les régions rurales sont embauchés dans les milieux urbains, surtout comme domestiques », indique toujours ce rapport sur la traite de personnes.
Justement, pour aider Madagascar à sortir de cette situation compromettante, le Département d'Etat américain lui a alloué une enveloppe de 450.000 dollars pour soutenir différents projets visant à l'élimination progressive de la traite de personnes. Le pays doit donc faire ses preuves puisque des sanctions, allant jusqu'à l'annulation de toute assistance non humanitaire et non commerciale, pourraient le frapper si l'esclavage moderne n'est pas contenu. Une situation honteuse, à dénoncer haut et fort. Sans hypocrisie.
Midi Madagascar Antananarivo
|